
La légitimité de la logique chinoise continue à susciter des controverses dans ce domaine « originellement occidental » après plus d’un siècle d’étude. Le présent travail se penche sur les Canons mohistes, traditionnellement considérés comme le sommet de la logique chinoise. La logique est, dans cette étude, pris au sens strict, à savoir une discipline qui étudie les formes d’inférences valides. Une rétrospective sur les études mohistes montre comment la connaissance de la logique, ainsi que la conjoncture historique marquent le système mohiste de raisonnement que brossent les exégètes. Ce constat nous conduit à adopter une neutralité épistémologique et une vision globale. Dans nos analyses, les écrits néo-mohistes sont replacés dans leur contexte historique: une civilisation centrée sur la morale et la gestion de la société, une concurrence acharnée entre les divers courants de pensée, une ambiance de joutes oratoires. Tous ces éléments jettent une lumière nouvelle sur l’articulation des différentes sections des Canons. Au cœur de la pensée néo-mohiste, se trouvent des doctrines éthiques, une continuation du mohisme antérieur avec certaines innovations. De nombreuses sections viennent les justifier, en proposant un fondement théorique ou des techniques d’argumentation. D’autres sections répondent aux discours des autres écoles. Dans le milieu des disputeurs, l’objectif premier est de remporter lapartie. Un système de raisonnement formel n’a pas sa place. C’est pourquoi les néo- mohistes, disposant pourtant des éléments essentiels, ne se préoccupent pas de construire une logique, comme ce que fait Aristote. La logique chinoise s’avère être une sur-interprétation de certains commentateurs.
Page Count:
392
Publication Date:
2011-01-01
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