
"Gérard Thalmann est peintre. Il pense en peintre, il respire en peintre. Il lui faut assimiler l'état de l'art au XXe siècle et ce lien intime avec la peinture. Heureusement, le visible vient à lui comme il vient aux yeux par une fenêtre ouverte. Il s'y est fait, il en a fait l'écran de ses fantaisies. En 1973, il peint ses premiers tableaux-fenêtres. Un cadre, une ouverture et, au-delà, un monde flottant, instable. La possibilité de réinventer car le paysage est vierge. Il n'y a pas encore de paysage. Toute sa vie, Gérard Thalmann a additionné les petits morceaux d'un langage qu'il inscrit sur ses toiles, lignes, horizons, montagnes, flaques, oiseaux, végétaux, personnages, créatures, mouvements de lignes et flux de couleurs qu'il projette dans une danse sur la surface plane de la toile. Un conte sans cesse augmenté. Un espace rendu à la vie inventée, ou plutôt à cette vie qu'est la peinture. Le vieux monde est derrière lui. Il aime ce qui change et espère encore plus de changements. Il se sert des pinceaux et aussi de l'ordinateur. Mais la peinture colle à sa peau. Ce miracle qui fait d'une surface un univers où tout est possible, où la désespérance du réel se retourne comme un rire et comme un gant grâce aux couleurs et aux lignes. Gérard Thalmann vit devant les fenêtres qu'il peint. Il est maintenant comme un oiseau perché au coin d'une de ses toiles. Laurent Wolf, Le Temps, Genève, 2012"--Page 4 of cover.
Page Count:
144
Publication Date:
2017-01-01
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