
Invité par son ami Grimm à rendre compte, pour sa Correspondance littéraire, du Salon de 1759, Diderot dira que "la couleur est dans un tableau ce que le style est dans un morceau de littérature". Prenant grand plaisir à ces exercices de style jusqu'au Salon de 1781, il s'impliquera de plus en plus dans sa relation avec les arts. Ses critiques et les quelques essais esthétiques qu'il en tirera sont moins descriptifs que suggestifs et imaginatifs. Sévère pour les voluptés de Boucher, il en apprécie pourtant les naïvetés. Il admire le réalisme pathétique et moral de Greuze, les "illusions possibles" de Vernet, celles vraisemblables de Fragonard, les sublimes évocations d'Hubert Robert et, par-dessus tout, la simplicité si naturelle de Chardin.Aidée par son talent de dramaturge, sa curiosité d'encyclopédiste est vive; elle nous offre un large panorama de la peinture et de la sculpture du XVIIIe siècle. Le naturel qu'il réclame dans l'art, la culture et l'imagination pleines d'allant de ses écrits, choisis par Yann le Pichon parmi les plus significatifs et les plus beaux, mettent en valeur le génie de Diderot, qui fut le premier à annexer la critique d'art à la littérature. En témoignant sur les arts de son temps, il fut surtout le grand témoin de lui-même.
Page Count:
238
Publication Date:
1993-01-01
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