
La rencontre annonce dans cette correspondance entre deux gnies de posie russe du XXe sicle est un vnement littraire exceptionnel. Exceptionnelle, elle l'est doublement, cette relation pistolaire entre pote sovitique et pote de l'migration, alors que, aprs une phase de libert surveille o les changes taient encore possibles, la culture russe se scinde irrmdiablement, et ceci pour toute la dure de l'exprience sovitique. Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'taient rencontrs Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont vritablement dcouverts au travers de leurs crits respectifs. Pendant quatorze annes, ils ont entretenu une correspondance d'une densit et d'une intensit rares dans laquelle se tissent, troitement mles, passion sentimentale et posie, sur fond d'poque historique et d'histoire littraire. Plus de trois quarts des lettres changes entre ces deux tres radicalement diffrents sont indits. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu' atteindre un pic paroxystique, dcrot, se dnoue et finit par se dfaire dfinitivement. Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur posie, comme une uvre part entire. Loin d'tre en marge de leur destin littraire, les lettres taient, au cur mme de celui-ci, laboratoire de l'criture - mais galement laboratoire de la vie, car c'est au gr de ces lettres que se faonnent les vnements majeurs de leur biographie. Les mots changs sont drobs la vie, au quotidien, la famille. La fille de Tsvetaeva, Ariadna Efron, avait dcid que ces lettres ne devaient tre publies qu'aprs cinquante ans, condition que cette dition soit intgrale. Elle les confia aux Archives nationales de Moscou qui n'autoriseront leur parution qu'en l'an 2000.
Page Count:
679
Publication Date:
2005-01-01
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