
**Conseils pédagogiques** Commencer la lecture de L'Enfant noir, c'est mettre le pied dans un domaine — un pays, une culture, des mœurs — qui nous sont étrangers. Le danger est alors qu'il paraisse à tel point exotique qu'on ne puisse le prendre au sérieux. (Cela sera surtout sensible dans certains passages où il est question de magie, de génies.) Notre culture occidentale a, à ce point, cherché à s'imposer à toutes les autres cultures qu'aujourd'hui encore, alors que la décolonisation commence pourtant à dater, il est difficile de considérer des cultures différentes comme autrement que primitives. L'intérêt d'un travail sur L'Enfant noir en classe réside surtout en cela: à travers le récit d'un homme qui a appris i connaître notre langue, découvrir sa culture, dans ce qu'elle a de vivant, de quotidien pour des milliers d'hommes. Peut-être, aussi, s'apercevoir que notre mode de vie peut sembler tout aussi étrange, tout aussi sauvage à des personnes qui en connaissent un autre. Depuis Montesquieu, le problème a-t-il vraiment changé? On se demande toujours comment il est possible d'être Persan — ou Malinké. « Ame nègre! Mystérieuse âme nègre! Éveille-toi, lève-toi, élève-toi! Clame à l'univers la puissance de ton génie créateur, Ô Ame nègre. » (Préface de Le maître de parole) Quelques points à ne pas perdre de vue: — Lorsque Camara Laye écrit L'Enfant noir, il est ouvrier, son C.A.P. en poche. Ce n'est pas un intellectuel. — Il écrit une langue qui n'est pas sa langue maternelle. Il a appris le français à Kouroussa et à Conakry. Et s'il l'a perfectionné en France, ce n'est pas au milieu de l'intelligentsia parisienne. (La différence est de taille: Camara Laye n'est pas Léopold Sédar Senghor). Son style en porte la trace; telle, par exemple, l'utilisation importante qu'il fait du subjonctif par laquelle se caractérise son application à bien écrire le français qu'on lui a appris. (...)
Page Count:
112
Publication Date:
1981-01-01
ISBN-10:
2010069552
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